Le congrès de la Martinique du 18 Décembre 2008.

 

Un référendum populaire le 7 Décembre 2003 dit “NON” à une certaine proposition d’évolution statutaire. Cinq ans plus tard, certains veulent relancer la consultation sans débat. Et si le “OUI” avait été majoritaire en 2003, aurions-nous eu dans un délai de 5 ans, la possibilité de revenir sur ce choix ? Ou le Président du Congrès veut-il remonter le temps, pour un nouveau départ ? Et ce, jusqu’à ce qu’il obtienne totale satisfaction ! Drôle d’idée de la démocratie !

Le congrès de la Martinique, tel qu’il s’est déroulé le 18/12/08, nous amène à d’avantage de confusion après y avoir assisté. Notamment quand on le compare au déroulement du Congrès de la Guyane.

En Guyane, la séance a durée moins de 2 heures :

  1. Ouverture par le Président du Congrès (président de Région), suivi du Président du Département.
  2. La parole (libre) aux Parlementaires (2 Députés, 2 Sénateurs).
  3. Le Président de la commission ad hoc a présenté la synthèse à l’ordre du jour : “Résolution préparée en concertation avec des municipalités, des sociaux professionnels et des juristes”.
  4. La parole (libre) aux représentants des différents groupes des élus de l’assemblée.
  5. Le débat (libre) des élus pour mieux apprécier les contours de la loi et les précisions des juristes (martiniquais, entre autres) invités à la séance.
  6. Vote de la résolution qui donne mandat à des personnalités de la société civile et à des élus pour animer des rencontres avec la population. Ce permettra de proposer des orientations pour la loi organique et qui va clarifier le choix de l’article 74 de la Constitution. PUIS, Un nouveau Congrès sera convoqué pour adopter (ou pas) cet article.

En Martinique la séance a duré plus de 11 heures :

  1. Ouverture par le Président du Congrès (président de Région et député), suivi du Président du Département (sénateur).
  2. La parole (5 mn) à chaque Parlementaire (3 Députés, 1 Sénateurs autres que les Présidents des assemblées Régionale et Départementale).
  3. Le débat (5 mn par élus ou cumulé par groupe) pour débattre des textes des trois résolutions.
  4. Le Président du Congrès a présenté la proposition d’adoption de l’article 74 de la Constitution.
  5. Le Président du Congrès a présenté au vote la résolution 1 pour le choix de l’article 74 de la Constitution.
  6. Le Président du Congrès a présenté au vote la résolution 2 pour le choix de la Collectivité Unique.
  7. Le Président du Congrès a présenté au vote la résolution 3 pour le choix du mode de scrutin.

On constate que le Président de la Région Martinique a conduit de “main de maître” ce débat avec un espace de parole réduit pour les parlementaires, les élus et en gardant l’exclusivité de la présentation des trois résolutions en débat, déniant aux les élus (et aux téléspectateurs) la possibilité d’apprécier les astuces juridiques d’une évolution institutionnelle ou statutaire.

La confusion est d’autant plus grande que les téléspectateurs s’interrogent toujours sur la comparaison entre les articles 73 et 74 ? Sur ce que représente en particulier cet Article 74 ? A quoi servira t’il ? A qui servira t’il ? Pourquoi cette précipitation ? Vers quoi allons-nous ? Que nous cache t’on ?

En observateur avisé, nous nous interrogeons sur la stratégie cachée dans l’ordre du jour :

  1. L’Assemblée Unique ne peut plus être une préoccupation majeure, vu que la réforme de l’administration Française prévoit de supprimer les Conseils Généraux (Commission BALLADUR).
  2. La chronologie de l’ordre du jour propose la résolution 3 (le choix du mode de scrutin) à la fin des débats, alors que c’est la plus importante… Après 11 heures de débat marathon, épuisés et sans pose de restauration, il est incompréhensible qu’un “Président de séance” puisse adopter une telle attitude, visant à obtenir satisfaction à l’usure. D’ailleurs, le Président du groupe RDM (Rassemblement Démocratique Martiniquais), avait annoncé en début de séance, son option pour la proposition du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) d’un scrutin mixte, qui devrait être majoritaire Mais en fin de séance, l’ensemble de ce groupe a basculé sur la proposition du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais), pour adopter le scrutin à la proportionnelle intégrale.

Donc pour le Président de Région (président également du MIM), le point le plus important était que l’on adopte le type de scrutin “proportionnelle intégrale”. Le SEUL type de scrutin qui pourrait lui garantir son élection en qualité de Président de l’Assemblée Unique.

MAIS un Indépendantiste peut-il devenir Autonomiste : est-ce un But ou est-ce une Etape vers autre chose ?

Ce qui peut nous interpeller : un pays “Autonome” conduit par un “Indépendantiste”, est-ce réaliste ou stratégique ? Ce dernier fera tout pour rendre inopérant un système autonomiste pour encore revendiquer l’indépendance. Mais vouloir des “responsabilités” implique notre capacité à les assumer “financièrement”.

Le débat désormais s’articule entre 3 courants politiques : le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) - les FMP (Forces Martiniquaises de Progrès) _ le MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais).

A vous, participez au débat. Allez donc sur la page “Forum” (en haut).

 

Une réaction sur “Le congrès de la Martinique du 18 Décembre 2008.”

  1.  

    [...] Cette fois ci, en un mois, Alfred Marie‐Jeanne a décidé de tenir un congrès et de faire passer en force un changement de statut avec la complicité du Président du Conseil Général. [...]

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